Travaux à Diekirch — artisans et devis

Bâtie dans la vallée de la Sûre, avec près de la moitié de son parc antérieur à 1961, Diekirch cumule un règlement des bâtisses détaillé et des contraintes de fond de vallée. Voici ce qu'il faut vérifier avant de lancer un chantier.

Sept types d’autorisation, à ne pas confondre

Le Règlement sur les bâtisses, les voies publiques et les sites de la Ville de Diekirch, dans sa version révisée du 25 novembre 2019, ne se contente pas d’opposer autorisation et déclaration. Son article 109 distingue sept régimes, et se tromper de case fait perdre des semaines.

  • Autorisation de construire : construction neuve, agrandissement, exhaussement, mais aussi toute modification des murs extérieurs, des façades, des éléments porteurs et des toitures, les murs de soutènement, les clôtures le long des voies publiques et en zone de recul, les citernes à eau, les abris de jardin isolés, les étangs et piscines.
  • Autorisation de démolition, y compris pour une partie de construction.
  • Autorisation de changement d’affectation.
  • Autorisation de morcellement d’un terrain constructible.
  • Autorisation de réaliser des travaux dans le domaine public : c’est elle qu’il faut pour ouvrir une tranchée dans le trottoir ou la chaussée lors d’un raccordement.
  • Autorisation de principe, qui permet de faire trancher un point précis avant de monter le dossier complet.
  • Déclaration de travaux (article 109.7) pour l’entretien majeur : salle de bain, revêtement de sol, renouvellement de la toiture, pose de velux, ouvertures intérieures, revêtement de façade, installations de chauffage et chauffe-eaux au gaz.

Le dossier se dépose auprès du service technique, 7, rue du Onze Septembre, du lundi au vendredi de 8h30 à 11h30 et de 13h30 à 16h30. Les autorisations délivrées sont publiées dans l’Online Redder de la commune. Voir salle de bain et toiture, les postes qui relèvent le plus souvent de la simple déclaration.

La Sûre impose ses règles : zones inondables et cuves étanches

Diekirch est bâtie dans la vallée de la Sûre, et son règlement en tire des conséquences très concrètes. L’article 42 impose, pour toute nouvelle construction autorisable en zone inondable selon le PAG et abritant des pièces de séjour prolongé, que le niveau du sol fini se situe au moins 0,50 m au-dessus de la crue de référence. En dessous de ce niveau : aucun volume aménagé en sous-sol, des espaces ouverts sur au moins 30 % de la surface des cloisons extérieures, des affectations compatibles avec l’inondation (stationnement, dépôt de matériaux invulnérables) et des matériaux résistants à l’eau.

L’article 43 vise un autre risque de fond de vallée : si le niveau du drainage se situe sous la nappe phréatique, ou s’il ne permet pas le raccordement à la canalisation sans pompe de relevage, la pose d’un drainage est interdite et la cave ou les fondations doivent être exécutées en cuve étanche jusqu’à environ 50 cm au-dessus du terrain naturel. Un poste de maçonnerie lourd, à chiffrer avant l’achat.

Un bâti ancien, du mazout et beaucoup de locataires

Le recensement RP2021 du STATEC dresse un portrait tranché. 44,6 % des bâtiments de Diekirch datent d’avant 1961 : 9,4 % d’avant 1919, 18,6 % de l’entre-deux-guerres, 16,6 % de la période 1946-1960. À l’autre bout, seuls 4,4 % ont été construits après 2016. Pour la rénovation, cela signifie des enveloppes non isolées, des charpentes à reprendre et des menuiseries en fin de vie : voir isolation et fenêtres.

Côté énergie, 60,9 % des ménages se chauffent au mazout et 24,5 % au gaz naturel, quand la moyenne nationale est de 27,8 % au mazout. Autre spécificité : 39,0 % des ménages sont locataires, contre 27,9 % dans le canton et 28,0 % au pays, pour un loyer moyen de 995 €. La commune compte proportionnellement beaucoup d’appartements, et les travaux d’enveloppe y passent donc souvent par une décision de copropriété.

Un atout rare : le chauffage urbain

Diekirch dispose d’un réseau de chauffage urbain alimenté par une centrale de cogénération, exploité par les Services Industriels de la Ville, 27 rue Sauerwiss. Le raccordement n’est possible que dans les rues déjà desservies par le réseau. Les travaux de branchement sont exécutés par les Services Industriels aux frais du demandeur, le génie civil est à la charge du client et une station d’échange agréée doit être installée ; la puissance thermique souscrite détermine la redevance de raccordement. Avant d’engager un remplacement de chaudière, la question à poser est donc simple : votre rue est-elle raccordable ? Voir chauffage.

La commune héberge par ailleurs un Infopoint Klima-Agence : conseil de base en énergie gratuit, pris en charge par myenergy et la commune, sur rendez-vous via la hotline 8002 11 90.

Chantier et évacuation des déchets

Le travail sur chantier, livraisons comprises, est interdit les dimanches et jours fériés, sauf travaux réalisés par un particulier sur sa propre habitation sans nuisance anormale. Pour les horaires en semaine, le règlement des bâtisses renvoie expressément au règlement communal sur le bruit : c’est ce texte qu’il faut vérifier, pas le RBVS. Si le chantier a un impact sur l’enlèvement des déchets ou sur une ligne de transport, la commune ou l’exploitant doit être prévenu quinze jours avant l’ouverture, et la hauteur des grues signalée aux services communaux avant leur mise en place.

Pour les déchets, la ville organise quatre collectes d’encombrants par an, facturées 0,55 €/kg, sur demande au service technique. Les déchets de construction relèvent du centre de ressources SIDEC de Diekirch-Fridhaff, ouvert du mardi au vendredi de 9h00 à 11h45 et de 13h00 à 17h00, le samedi de 9h00 à 16h00.